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Cuba (Part. 2)


Magique Tropicana

 

Autre magicien, mais de la nuit celui-ci, le Tropicana attire le "Tout Havane". L'immense cabaret fait évoluer près de quatre cents danseurs au coeur d'un décor de jungle tropicale. Le rhum coule à flot et ne fait qu'un bref séjour au fond des verres. La nuit entraîne ses hôtes au rythme des salsas, congas et autres mérengués. Saoulés des airs tropicaux, ils rejoignent bientôt la scène où les plus belles femmes de Cuba les initient à ces danses sensuelles.

Joyau de l'architecture coloniale, Trinidad (Patrimoine de l'Humanité) n'a rien de moins que la capitale si ce n'est sa fièvre. Dans la ville de la Sainte Trinité, les rues ne vivent pas au rythme des incontournables "guaguas", bus locaux et brinquebalants archibondés. Seules quelques vieilles américaines aux chromes et à la peinture passés peuvent troubler la nonchalance d'un ouvrier agricole se rendant aux plantations avec son précieux mulet.

Au coeur d'un labyrinthe de ruelles pavées, les petites maisons aux toits de tuiles rondes, aux balcons ornés de magnifiques ferronneries abritent quantité de musées pour une cité d'environ 30 000 âmes. Derrière une lourde porte de bois, dans la pénombre, d'habiles "rouleurs" produisent avec grand soin les célèbres "Havanes". Visite inoubliable.

Cuba c'est aussi le rhum, et qui dit rhum, dit canne. La province marécageuse du Mantanzas, autrefois site de reproduction privilégié des anophèles et épicentre de la fièvre qu'ils transmettent, a été rendu salubre par d'importants plans gouvernementaux. Aujourd'hui la vie a repris ses droits et les cultures de cannes à sucre et les rhumeries côtoient les champs d'agrumes et d'agaves (dont on tire, ici, de la pâte à papier et non de la tequilla ! A chacun sa spécialité alcoolisée).

La nature n'y a pas perdu au change. Elle se laisse plus facilement admirer à Guama au cours d'une promenade au village indien. La reconstitution de cet habitat lacustre d'une autre ère trône au centre d'un labyrinthe de canaux où se reflètent féériquement les nuages en fin de journée. Magie de la lumière et de l'eau.

Deux éléments qui, eux, ne manquent jamais à Cuba, faisant que ce pays a toujours su conserver une certaine joie de vivre. Une appréciation de la vie que l'on retrouve à Cienfuegos, deuxième grand port de l'île et terre d'accueil d'un étonnant jardin botanique. Les touristes et amoureux viennent s'y promener, découvrant ficus démesurés, flamboyants écarlates et autres palmiers à la silhouette étrange.

En ville un vieux cubain fait la sieste sur une place où une banderole vante le courage de la jeunesse révolutionnaire. De jeunes écolières en uniforme passent, se tenant la main, devant la vitrine austère d'un magasin de jouets. D'autres plus âgées chahutent autour d'un marchand de glaces alors que, non loin de là, des adultes attendent patiemment leur tour pour la "distribution" de liquide vaisselle. Ce soir, la musique inondera de rythmes de fête les restaurants en bord de mer. Les "étrangers" y dégusteront d'excellentes langoustes qu'ils règleront en devises. Cuba terre de contrastes...

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